J’ai testé : le covoiturage

Bon, dans la série des « j’ai testé pour vous », j’ai testé le covoiturage.

Autant vous le dire : c’est un vrai succès. Et une question : pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ?

Pour les fêtes de Noel, je descends en effet sur Toulouse, retrouver mon Païs, ses tuiles roses et ses mamies qui aiment la castagne. Plutôt que de faire le trajet seul, je me suis dit « tiens, pourquoi ne pas tester le covoiturage ».

Une semaine avant mon départ, je m’inscris donc un soir à 19h sur le site covoiturage.fr, renseigne mon trajet, indique 2 places libres, détermine le prix proposé (pour info, le site estime le coût du trajet – péage et essence , mais vous laisse libre de fixer un prix différent) et ferme mon ordinateur quelques minutes plus tard. J’ai à peine le temps d’arriver à ma voiture, que le téléphone sonnait déja. Et hop, un couple réserve les deux places. 1h plus tard, j’avais encore un appel. Au total, j’ai refusé 3 personnes pour l’aller.

Quant au retour, prévu ce dimanche, j’ai du dire non à pas moins de 8 personnes.

En savoir plus sur le covoiturage

Beaucoup d’informations se trouvent sur la page Wikipedia réservée au sujet, ainsi que sur l’étude du CERTU (Centre d’Etude sur les Réseaux, les Transports, l’Urbanisme et les constructions publiques) parue en octobre 2007.

On y apprend ainsi que le covoiturage est né aux Etats-Unis à cause de la crise du pétrole de 1973. Il ne commencera à se développer en Europe que dans les années 90 : en Allemagne et aux Pays-Bas, qui mettent en place des campagnes nationales d’informations. La France ne s’intéresse au phénomène que tardivement, ce qui explique sans doute son retard actuel. D’autant qu’aucune politique publique n’est venue relayer les actions d’associations.

La France compte pourtant près de 80 sites internet de mise en relation de chauffeurs et voyageurs, soit locaux, soit nationaux et quasiment tous gratuits. Pourtant, le covoiturage tarde à décoller. On estime, faute d’étude précise, que 500 à 600 000 français y ont recours, ne serait-ce que ponctuellement.

L’intérêt du covoiturage est multiple : économique (partage des coûts), environnemental, solidaire et social. Mais son développement s’est renforcé en France en raisons de la hausse du prix du carburant, de la démocratisation d’internet et d’une certaine prise de conscience écologique.

Ce boom semble être une tendance de fond, comme l’explique Emmanuel Marquet directeur de Green Cove Ingenierie dans un article consacré au sujet : «C’est bien simple, même quand le pétrole baisse à nouveau, comme ces dernières semaines, la fréquentation de notre site augmente.» Frédéric Mazzella, PDG de Comuto, qui édite le site Covoiturage.fr, en est convaincu : le boom du partage de voiture est une tendance de fond, que la flambée des carburants n’a fait qu’amplifier cet été. Il annonce 700 nouveaux inscrits par jour sur son site ces temps-ci, contre 300 en janvier. Son concurrent, 123envoiture.com, affiche 30 % d’inscrits en plus depuis le début de l’année.

Si le schéma de covoiturage ainsi envisagé est relativement « traditionnel », et un peu figé, il faut bien se dire que dans certains pays, des initiatives dynamiques ont vu le jour et présagent de ce que pourraient être le covoiturage de demain, dans une forme optimale.

Imaginez-vous que le taux d’occupation des voitures en ville en France n’est que de 1,3. Certaines villes (Los Angeles, Washington, entre autres aux US) ont donc réalisés un réseau de voies  réservés aux véhicules à taux d’occupation élevé (3 personnes au moins). Ces voies, normalement moins empruntées que les autres, incitent les usagers à faire du covoiturage aux heures pleines.

Un succès considérable. Si bien qu’en Virginie,  la I66, qui bénéficie pourtant de 2 voies réservées aux véhicules comprenant au moins 3 personnes (HOV3+) doit faire face à une saturation. Et l’Etat envisage de créer une voie pour les HOV4+.

Un truc inimaginable en France quand on voit le déluge de protestations qui a suivi la mise en place des voies de bus dans la capitale.

Dans une optique de covoiturage dynamique, qui s’appuie sur plus de flexibilité pour s’approcher du « temps réel », la Suisse a mis en place le système Carlos, qui vient renforcer l’offre de transport public. Le principe est simple : à différent endroits de la ville se trouvent des bornes dans lesquelles il suffit au passager d’indiquer sa destination souhaitée. La borne émet un titre de transport, et la destination est alors inscrite sur un grand écran, visible des conducteurs qui passent et peuvent alors proposer une place. Pour des questions de sécurité, les passagers et conducteurs sont filmés à la borne.A destination, le titre de transport est remis par le passager au conducteur qui peut se faire rembourser les frais de transport.

Un essai réalisé entre 2002 et 2005 à Berthoud, avec 6000 trajets enregistrés, permet de signaler qu’il n’y a eu aucun incident (attaque), pratiquement aucun vandalisme, et que le temps d’attente moyen était de 6 minutes seulement.

Les initiatives de ce genre sont nombreuses.

Mais pourquoi le covoiturage a-t-il tant de mal à se développer en France. Plusieurs facteurs semble l’expliquer : l’absence d’action politique forte dans le domaine, la faible mobilisation des entreprises et une certaine mentalité française qui semble avoir du mal à l’idée de partager le confort de son habitacle avec un inconnu…

Le défi environnemental et automobile est tel, qu’il va falloir sérieusement se pencher sur la question, à tous les niveaux : politiques, entreprises, citoyens…

En tout cas pour ma part, c’est tout réfléchi : le covoiturage, c’est OUI !

Publicités

Laisser un commentaire

Aucun commentaire pour l’instant.

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s